Espèce invasive

Frelon asiatique à Porto-Vecchio : deux nids détruits, la traque continue

Deux nids de frelon asiatique à pattes jaunes (Vespa velutina) ont été découverts puis détruits à Porto-Vecchio, a rapporté Corse-Matin le 16 septembre 2026. C'est la première fois que l'espèce est identifiée dans l'extrême sud de l'île.

Le premier nid a été repéré début septembre à la suite de signalements, et détruit par les sapeurs-pompiers de Porto-Vecchio. Des frelons ont pourtant continué d'être observés dans le secteur : un second nid a été trouvé à une cinquantaine de mètres seulement du premier, puis détruit à son tour. Selon le réseau ALIEM, qui surveille les espèces exotiques envahissantes, de nouveaux signalements continuent d'arriver aux alentours.

Mise à jour du 28 septembre 2026 : au moins un nid encore actif

La destruction des deux premiers nids n'a pas suffi. D'après un nouvel article de Corse-Matin publié le 28 septembre 2026, des frelons asiatiques sont toujours observés près de Palombaggia. Le président de l'AOP Miel de Corse, Matteo Tristani, y estime qu'au moins un nid reste actif, peut-être plusieurs, sur une zone qui s'étend de Palombaggia à Santa Giulia.

Pour les localiser, les apiculteurs et l'Office de l'environnement de la Corse ont installé une douzaine de ruches appâts dans le secteur. Neuf d'entre elles subissent déjà une prédation : les frelons se tiennent en vol stationnaire devant l'entrée pour capturer les abeilles qui sortent. C'est ce comportement qui confirme leur présence et permet ensuite de remonter jusqu'au nid.

La filière apicole appelle les habitants et les estivants du secteur à la vigilance, et à signaler tout frelon ou tout nid suspect. Si vous résidez entre Palombaggia et Santa Giulia, regardez en particulier le haut des arbres et les haies de vos jardins.

Mise à jour du 19 octobre 2026 : des renforts venus du continent

Plus d'un mois après les premières destructions, les nids restants n'ont toujours pas été localisés. Selon Corse Net Infos, des spécialistes venus du continent, équipés de matériel de détection plus récent, doivent rejoindre cette semaine les apiculteurs et l'Office de l'environnement de la Corse dans le secteur de Porto-Vecchio.

Pourquoi c'est une course contre la montre. Avec l'hiver, les colonies vont disparaître, mais les futures reines auront quitté le nid pour hiverner à l'abri. Matteu Tristani, président de l'AOP Mele di Corsica, rappelle qu'une fondatrice peut parcourir plusieurs dizaines de kilomètres : des reines nées à Porto-Vecchio pourraient fonder des nids dans la plaine orientale au printemps prochain. Si l'éradication échoue, la consigne sera de détruire systématiquement chaque nid découvert.

Un risque aussi pour les personnes. Le président de l'AOP met en garde ceux qui taillent une haie, élaguent un arbre ou randonnent dans le maquis : tomber sur un nid sans l'avoir vu peut valoir des piqûres nombreuses. Avant de tailler une haie dense ou un arbre dans le secteur, observez d'abord s'il y a des allées et venues de frelons.

Pourquoi l’Extrême-Sud maintenant

Troisième année, troisième secteur. L'espèce a été identifiée pour la première fois en Corse à Bastelicaccia en 2024, puis un nid a été observé à Ajaccio en 2025. Chaque détection a eu lieu dans un secteur différent, et celle de Porto-Vecchio renforce la crainte d'une installation durable. L'Office de l'environnement de la Corse, la filière apicole, les apiculteurs locaux et la commune ont déployé des ruches sentinelles pour suivre l'activité du frelon, capturer des individus et localiser d'éventuels autres nids.

Pourquoi septembre compte. C'est une période de forte activité. À l'automne, les futures reines quittent le nid pour hiverner, puis fondent chacune une nouvelle colonie au printemps suivant. Un nid détruit maintenant, c'est autant de colonies en moins l'an prochain. Le réseau ALIEM le résume ainsi : « il est essentiel de détecter et de détruire les éventuels nids le plus rapidement possible, avant la dispersion des futures fondatrices ».

Pas seulement autour des ruches. Les frelons ont aussi été vus en train de butiner dans les jardins, notamment sur les callistémons, ces arbustes ornementaux aux fleurs rouges en forme de goupillon. Un particulier sans ruche peut donc en observer chez lui.

Que faire si vous en voyez un

Ne vous approchez pas du nid et ne tentez rien vous-même. Un nid de frelon asiatique est souvent haut dans un arbre, hors de portée, et une colonie dérangée se défend en nombre. Les accidents graves surviennent presque toujours lors d’une tentative de destruction improvisée : jet d’eau, projectile, insecticide du commerce, ou simple coup de sécateur dans une haie sans avoir vu le nid.

Ce qu’il faut faire tient en trois gestes. Photographier l’insecte à distance, car un signalement sans photo ne peut pas être validé. Noter l’emplacement aussi précisément que possible. Signaler, selon la procédure décrite plus bas. Si le nid se trouve près d’une habitation, d’une école ou d’un lieu de passage, appelez un professionnel équipé.

Nous intervenons à Porto-Vecchio et dans tout l’Extrême-Sud — Lecci, Sainte-Lucie-de-Porto-Vecchio, Sotta, Figari, Bonifacio et Solenzara —, 7 j/7. Voir notre page destruction de nids de guêpes et de frelons, ou la page dédiée aux nids de guêpes et frelons à Porto-Vecchio.

Le piégeage de printemps

C’est le réflexe le plus répandu, et celui sur lequel le Muséum national d’Histoire naturelle est le plus réservé. Son avis mérite d’être lu tel quel : « l’efficacité de cette méthode n’est toujours pas démontrée », et le printemps y est décrit comme « la période de l’année où la lutte contre Vespa velutina semble la plus vaine ».

La raison est arithmétique. Un nid produit plusieurs centaines de fondatrices, et le printemps est justement le moment où elles meurent le plus, par compétition entre elles. En détruire quelques-unes libère surtout la place pour les autres.

Le coût pour le reste des insectes, lui, est établi. Le Muséum écrit que les pièges de type bouteille coupée ou cloche sont à proscrire : ce sont les plus répandus, et ils capturent en moyenne 96 à 99 % d’insectes non ciblés — abeilles domestiques et sauvages, papillons, syrphes, coléoptères. Même les pièges dits sélectifs abîment ce qu’ils retiennent, par excès de chaleur ou d’humidité.

Le piégeage n’est donc conseillé que dans un cas précis : à proximité d’un rucher ayant déjà subi des pertes, avec un piège à sélection physique, et — la restriction est explicite — posé uniquement au niveau du rucher. Pour un particulier sans ruche, la réponse tient en deux mots : ne pas piéger, signaler.

Comment le signaler

En Corse, le signalement passe par la plateforme ALIEM. C’est le Muséum lui-même qui y renvoie : sur sa page de signalement, l’île fait l’objet d’une mention distincte du reste du territoire. ALIEM est l’outil de suivi des espèces exotiques envahissantes en Méditerranée, associé à l’Office de l’environnement de la Corse — le même qui a déployé les ruches sentinelles évoquées plus haut.

La loi du 14 mars 2025 prévoit par ailleurs que le signalement puisse être établi par le maire de la commune où se trouve le nid, ou par un membre du conseil municipal qu’il désigne. Prévenir la mairie n’est donc pas une démarche informelle : c’est une voie prévue par le texte.

Un plan national depuis le 16 septembre 2026. Le premier plan national de lutte contre le frelon à pattes jaunes a été adopté et publié au Journal officiel ce jour-là. L’éradication n’étant plus jugée possible à l’échelle du pays, il vise à limiter les effets de l’espèce sur l’apiculture, la biodiversité et la sécurité des personnes. Trois millions d’euros sont mobilisés en 2026, et chaque département dispose de six mois pour établir son propre plan. Le cadre avait été posé par la loi du 14 mars 2025, puis précisé par le décret du 29 décembre 2025.

Le plan départemental de Corse-du-Sud est attendu dans les six mois suivant le 16 septembre 2026. Cet article sera mis à jour à sa parution.

Toutes nos prestations dans le secteur sont réunies sur notre page anti-nuisibles à Porto-Vecchio et dans l'Extrême-Sud : dératisation, cafards et termites à Porto-Vecchio.

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