Termite ou fourmi volante ?
Les deux insectes volent au même moment de l'année et se ressemblent de loin. Vus de près, ils n'ont presque rien en commun : la fourmi a une taille marquée d'un étranglement net, des antennes pliées en angle, et des ailes arrière plus courtes que les avant. La termite, elle, a un corps d'épaisseur régulière, des antennes droites faites de petites perles alignées, et quatre ailes identiques bien plus longues que son corps.
Termite ailée et fourmi volante : ce qui les distingue à l'œil nu
| | Termite ailée | Fourmi volante |
| Nom scientifique | Reticulitermes lucifugus | Lasius niger et espèces proches |
| Antennes | Droites, en chapelet de perles | Coudées, pliées en angle net |
| Taille (abdomen) | Large, sans étranglement | Fortement étranglée |
| Ailes | Quatre identiques, dépassant nettement le corps | Avant longues, arrière plus courtes |
| Couleur | Brun sombre à noirâtre, uniforme | Noir à brun, thorax souvent plus clair |
| Après le vol | Perd ses ailes ; on retrouve des ailes détachées en tas | Garde ses ailes plus longtemps |
| Ce que cela signifie | Une colonie mature est proche, souvent depuis plusieurs années | Aucun risque pour le bois de la maison |
Un indice vaut à lui seul un examen : un petit tas d'ailes détachées sur un rebord de fenêtre, toutes de la même taille. Les termites perdent les leurs peu après s'être posées. Vous ne verrez peut-être jamais l'insecte, mais ces ailes-là suffisent à établir qu'un essaimage a eu lieu chez vous.
Une colonie, cinq rôles
La termite ne vit jamais seule. Ce que l'on appelle « une termite » est en réalité un individu d'une société souterraine où chaque caste a une fonction et une seule, et où presque personne ne sort jamais : c'est ce qui rend l'infestation si difficile à repérer.
La reine
Un seul individu, à l'origine de toute la colonie. Son abdomen se dilate à mesure qu'elle pond, jusqu'à plusieurs milliers d'œufs par an dans une colonie mature. Elle peut vivre plus de quinze ans, et c'est la raison pour laquelle un traitement de surface ne règle rien : tant qu'elle pond, la colonie se reconstitue.
Le roi
Il accompagne la reine pendant toute sa vie, contrairement aux abeilles ou aux fourmis dont le mâle meurt après l'accouplement. Reine et roi forment le couple fondateur, celui qui a essaimé des années plus tôt.
Les ouvrières
Environ neuf individus sur dix. Aveugles et dépigmentées, elles creusent les galeries, construisent les cordonnets de terre, nourrissent les autres castes — et ce sont elles, et elles seules, qui consomment le bois. Tous les dégâts que vous constatez sont leur travail.
Les soldats
Quelques individus sur cent. Tête plus grosse et mandibules développées, ils défendent les galeries contre les fourmis, leur principal prédateur. Incapables de se nourrir seuls, ils dépendent entièrement des ouvrières.
Les nymphes et les ailés
Les futurs reproducteurs. Ils n'apparaissent que dans une colonie déjà mature, et sont les seuls à quitter le nid. Ce sont eux que vous voyez au printemps — donc la seule caste visible d'une colonie qui, elle, reste invisible.
De l'essaimage à la colonie mature
Ce calendrier explique un point qui surprend souvent : quand vous voyez des ailés, l'infestation n'est pas récente. Une colonie ne produit de reproducteurs qu'une fois mature, soit cinq à huit ans après sa fondation. L'essaimage n'est pas le début du problème, c'est le signe qu'il dure depuis longtemps.
Il explique aussi pourquoi les dégâts semblent apparaître d'un coup. Pendant les premières années, la colonie est trop petite pour entamer sérieusement une charpente. Puis sa population croît, et sa consommation de bois avec elle. Le bâti ne se dégrade pas régulièrement : il tient, puis il cède.
Les deux espèces présentes en Corse
Termite souterrain
Reticulitermes lucifugus corsicus, sous-espèce endémique de Corse et de Sardaigne. C'est elle qui cause la quasi-totalité des sinistres. La colonie vit dans le sol et remonte vers le bâti par des cordonnets de terre. On ne la traite pas là où on la voit, mais à la source, dans le sol.
Termite à cou jaune
Kalotermes flavicollis, termite de bois sec. Colonies petites, installées directement dans le bois, sans contact avec le sol : souches, arbres, parfois menuiseries extérieures. Elle ne se traite pas comme la précédente, ce qui rend l'identification de l'espèce déterminante avant toute intervention.
Vous en avez trouvé ? Ce qu'il faut faire
Ne traitez pas vous-même et ne dispersez pas l'essaim. Un insecticide du commerce tue les quelques individus visibles et ne touche pas la colonie, qui se trouve dans le sol ou dans l'épaisseur d'une pièce de bois. Pire, une agression localisée peut pousser les termites à déserter la zone traitée pour se réinstaller ailleurs dans le bâtiment, ce qui complique le diagnostic ultérieur.
Conservez ce que vous avez trouvé. Quelques insectes ou quelques ailes dans une boîte hermétique suffisent à identifier l'espèce avec certitude. C'est le point de départ de toute intervention sérieuse.
Ne retirez pas le bois abîmé avant l'inspection. L'étendue réelle des galeries est ce qui détermine le traitement ; démonter une pièce fait disparaître cette information.
Si vous vendez un bien, sachez que toute la Corse est classée zone à risque et qu'un état parasitaire de moins de six mois est exigé dans les communes déclarées par arrêté préfectoral. Pour le reste — inspection, identification de l'espèce, choix du traitement — voyez notre traitement anti-termites, ou décrivez-nous ce que vous avez observé : une photo des insectes ou des ailes suffit le plus souvent à trancher.